vendredi 27 janvier 2006

hier

De retour chez moi vers 4 :30PM, il pleuvait fort bien, le vent soufflait aussi, c’était une pluie douce mais continue. Dans la rue, tous les gens ont fait des petits coins des refuges pour être à l’abri de la pluie, qui ne semble pas vouloir s’arrêter. Mais moi, je n’avais pas du temps pour attendre qu’elle s’arrête, en plus que j’adores ce climat. Alors, mains dans mes poches, c’est partis pour affronter son sort. Mon pantalon commençait à devenir de plus en plus mouillé du bas vers le haut, je sens de l’humidité sur mes cuisses. Mon visage est tellement mouillé qu’il laisse couler de l’eau, je ne pense pas vouloir l’essouillé, je contemple les goûtes d’eau qui se rassemble sur mon nez avant de tomber. Waw, c’est très sensationnel un visage mouillé. Je remarque des gens avec leurs parapluies ayant peur de la pluie. Je ressens de la pitié pour eux, ils ne sentent pas la beauté de la chose, ils étaient inquiets. J’étais heureuse, je chantais même. À un certain memont, j’étais la seule qui marche dans la rue et les gens me regardaient bizarrement. Je me suis rappelé une phrase que j’ai appris de mon CD d’anglais, la phrase disait : « i like singing in the rain »
Je ne sais pas pourquoi les gens n’aiment pas la pluie.

ما فيها باس إلى فزكنا شي نهار

Une fois arrivée à l’arrêt de mon deuxième bus ; il n’y avait pas de bus, de tas de gens plutôt. 10 min après, voilà un bus qui vient. Avec tant de pluie on n’espère pas trouver une place sèche, ayant déjà nos vêtements mouillés. Le bus commença son voyage vers chez moi, voilà un mendiant age vers 70 ans, le spéciale en celui là c’est qu’il demande de l’argent à chacun, en personne, ou comme disait un homme derrière moi « kails9 ». Il a commencé sa recherche d’argent de derrière vers l’avant du bus ; 10 min après j’ai entendu des gens qui se disputent près de chauffeur. Un derrière moi disait :

شكون لي كلاها؟ داك الراجل الكبير؟ حشومة هاد الشي، تضرب راجل قد باك؟؟؟

Des bagarres en avant du bus, avec le mendiant, je me suis rendu compte qu’un jeune a donné une taloche au mendiant, alors tous les passagers se mettent à quereller le jeune :

- باش من حق تضربو؟
- ضارب راجل قد باك؟
- الله يمشيك عمى
- فين مربي نتا فين؟

Tous les passagers se mettent à donner des leçons de morale sur comment traiter les vieux et voilà un qui disait :

في فرنسا كيطلع شي شيباني اولا شيبانية للطوبيس و تلقاك كالس كتقولك:
Lève toi !
بلا الله يرحم الوليدين ولا والو تنوض بزمنك هنا ما كين لا احترام لا والو.

Le vieux mendiant fait des vas et viens au bus. L’homme qui était assis près de moi et qui semblait avoir bien vu la scène, l’explique à ceux assise derrière moi :

1- دبا را داك السعاي كان لصقو و واقيلا كان دير ليه اليد فالجيب. وملي داك السيد قال ليه حيد عليا يديك قال ليه الشيباني مال الحمار ديال بوك؟ وهو يجمع معاه داك السيد.
2- وخا معرفت أشنو يدير ليه، راجل كبير متقيصوش
1- ما كين لي خرج على هاد البلاد قد الشراف
2- باش من حق غا يضربو؟
1- أتا سير را كون شفر شي واحد لاباس عليه وشدوه الجدرميا و قوليهم باش من حق غا يضربوه؟ را والله إلى ما تكيتي عليه بجوج تصرفيقات لشدتيه. ما بقات التقة لا فالشيبانين لا فالصغار. كلشي بحال بحال

Alors une femme derrière moi a dit :

خصهوم يحيدو السعايا فالطوبيسات

L’homme près d’elle qui semble avoir des connaissances actuelles lui a répondu :

را نيضة الحملة دابا على السعايا وغا يبداو بالعيالات مالين الدراري.. ورا كينة وزارة خاصة بهاد شي.

L’homme près de moi leur répondais :

ودابا هادوك لي غير تيكلو طرف د الخبز مافيها باس كيطلبو غير باب الله، اما هادوك لي دايرينها حرفة لي مشكلة. أودي اش غا دير الله يزيدنا فالصبر ما بقا ميعجب.

Après un certain temps de silence, les passagers ont changé de sujet :

1- وا ما كين شي كرسي لي ما فيه شي ضاية ديال الما
2- أ الشريفة كحازي للقدام را حنا مزاحمين
3- واش أنت كيصحابك بنادم حجر تكحزو، را بنادم هداك
4- وا الطوبيس كيقطر، شوفو وحدا دايرة المضل فالطوبيس
5- الى بقات الشتا بحال هكدا را نيميرو واحد، الغلة غا تزيان
6- و ييه ملي كتكون الشتا، كلشي كيكون زين، بنادم كتلقاه فرحان
7- وغا صبرو دابا ننشفو و نسخنو بشي كويس ديال أتاي

Alors qu’on se demandais d’ou venais l’eau même dans le bus, on s’est rendu compte qu’une fenêtre était cassée et voilà une femme qui disait :

دابا را معندهومش باش يصاوبوه مساكن

Voilà l’homme derrière moi racontait à la femme près de lui pourquoi il est sorti :

أنا را غير واحد الشيباني خالي طليت عليه فحسان، أما را كنت مخشي

Juste au deuxième arrêt de bus avant chez moi, voilà une femme disait :

هذا طوبيس أولا شنو؟

Un homme qui allait descendre lui a répondu en souriant :

طوبيسة هذي

Arrivé chez moi, bien mouillée, visage pas encore essouillé. J’ai changé mes vêtements, à ma surprise, ma mère nous a préparé errfissa, j’ai fait du thé pour la manger avec, je me suis dis, voilà le meilleur plat pour un tel froid. Je ne suis pas tombé malade, mon corps est bien chaud. Je vais m’asseoir un petit peu devant mon PC, avant de regarder avec ma mère mon film préféré « dispirate house wife » et après c’est notre rendez vous avec le Maroc en mouvement. C’est vrai qu’on ne prévoit pas comment se passera une journée !!

vendredi 13 janvier 2006

Rien

Des lettres, des chiffres, des symboles, des couleurs, de l’amour, des points, rien, c’est rien .Le silence de mort dans le noir c’est tout. Pourquoi écrire ? pourquoi vivre ? pourquoi pleurer ? pourquoi aimer ?
Des lignes, des trais, du bruit, le vide, de tas, de rien, des mains, des cris, des mots pour faire des phrases pour dire rien ! bref le tout, c’est tout.
La fin d’un début fade, perdu, vieilli, pauvre, c’est la vie, c’est le temps, c’est le tout d’un rien. Pas la peine de mettre un point c’est déjà le point

La grande fête !

La grande fête (la fête du mouton) chez moi est une activité familiale.
Tous les membres de la famille y participent ; mon père, ma mère, mon frère, ma sœur et moi.
A tout memont chacun a quelque chose à faire, de la plus simple tâche à la plus complexe. De retour de la mosquée, mon père nous a donné 50 DH chacun, comme cadeau de fête !! C’est toujours comme ainsi, quand on était petit c’est quelques Dirhams, on grandit le cadeau grandit aussi.
Mon père et mon frère font monter le mouton jusqu’au « stah », accrocher ces deux pieds par une corde, verser un peu de sel, coucher le mouton par terre, le visage vers la mecque, mon père passant par derrière le mouton, mon frère lui tient les pieds, mon père alors prend le couteau, et bismilah, alaho akbar ; C’est parti pour égorger le mouton, c’est la partie que je n’aime pas voir.
Je me cache dans le couloir, jusqu’à ce que j’entende les « kekh » du mouton et ces battements par terre et je reviens pour regarder.
Ma mère prépare le bois pour cuire la tête et les pieds du mouton. Moi, mon frère, ma sœur et mon père on s’aident à faire accrocher le mouton à un bâton de fer pour lui enlever la peau(hidoura). Il y a ceux qui utilisent les couteaux et ceux qui aident par leurs mains. Des tâches de sang, par terre ou sur nos vêtements, sont une trace convaincante d’avoir contribuer aussi au crime, à l’assassinat du pauvre animal.
Chaque année on fait une faute, mon père disait que jamais on saura égorger le mouton !! Mon frère lui a répondu qu’on doit le faire souvent pour apprendre, pas seulement une fois par an(l’3id) !!!
Cette année, on a oublié de couper la tête du mouton avant de lui enlever la peau, alors on a continué à l’enlever jusqu’au cou, et c’est parti pour une kata de karaté pour briser le cou, tête compris !!
Une fois terminées, ma mère s’occupe de la tête, moi de porter ce qui sort du ventre du mouton.
Et voilà une séance de biologie qui commence, surtout que mon petit frère va passer la semaine prochaine l’examen de fin semestre. Alors c’est le bon moment pour réciter ces cours de bio ; c’est le pancréas, le diaphragme..;le cœur et ces aortes et ainsi de suite. On se pose toujours la question est ce que pour l’Homme c’est le même cas ? Mon père n’arrête pas de dire bismilah, ou soubhan lah.
Puisque je ne sais rien faire coté cuisine, on me confie tout ce qui est ménage et apporte ça, donne-moi de l’eau…
On a tout fait sortir du ventre du mouton et on l’a mit dans des plats pour être laver par ma mère, ma sœur et moi. Mon père a pour l’instant terminé sa tâche, tâche d’homme. Le lavage des trucs est une tâche féminine. Mon père descend pour entamer d’autres tâches, tel préparer le thé.
Cette année c’est dans la chambre de ma sœur ou on va passer les jours de fête, comme ça notre maison restera clean.
Tandis que mon père prépare le thé, ma sœur prépare les brochettes… mon frère cuit la tête et les pieds, ma mère nettoies les intestins et moi je nettoie là où la scène c’est déroulé.
12 : 10 , tout est près pour prendre notre premier petit dèj pour aujourd’hui, le dèj c’est pour 16h ou plus.
Un ménage total à la maison fait par moi et ma sœur, tout est propre comme si rien n’y était.
Je remarque que entre l’excès de graisse, de viande et de brouillard on oublie la raison pour laquelle cette fête existe !!
Enfin, quelques appèles téléphonique et des messages entre famille pour savoir comment ça se passe chez eux.
Un jour au bus, j’ai entendu le receveur disait :
« kaidouz l’3id l’kbir.. ha 3achoura.. ha saif.. ha doukhoul l’madrassi.. ha rmdan… aw hadou ga3 mounassabat 3ndna !!! »

Des fois je me pose la question pourquoi appel t-on cette fête « l’3id l’kbir / la grande fête » ?
Et voilà c’est la grande fête chez moi, j’espère que cela a été super pour vous aussi.

mardi 10 janvier 2006

au bus

Un jour, au bus de Salé vers rabat, assise prés de la fenêtre, je lisais des polycopies about la législation de travail, tous les passages parlaient à haute voie, des phrases qui sautent du bout en bout sans aucun sens. Soudain tous les passages se tairent, stupéfaite par le silence de mort au bus, j’ai enlevé ma tête des polycopies pour voir, qu’y a t-il arrivé pour que toute cette foule se tais d’un seul coups. Un instant j’ai entendu quelqu’un à quelque pas de moi disait : « haut les mains ».
J’avais peur, je ne savais pas d’où venais la voie, le voilà il s’approche vers ma chaise, et il leur explique c’est quoi haut les mains.
Tous les passages étaient attentif à ce qu’il disait , soit par curiosité, soit par peur. Le discours que disait ce « chamkar » était très intéressant, enfin ! J’ai laissé ma législation, j’ai pris mon cahier, mon stylo et je notais ce qu’il disait. De temps à autre je regardais ce chamkar pour s’assurer qu’il ne ma vois pas, sinon il croira que je suis avec l’FBI et je suis foutu.
Les passages étaient très attentifs, on est devant une scène matinale gratuite et voilà je vous laisse avec le discours :

« 120 alf ryal, ghir l’9houia o zr9a, o 7 dial portablate koula wahd o che7al kaidir 3tithoum l’walida o 9lt liha ana ghadi l’7bss o anti haki bach tb3ini o bach t3idi. Hna man3idouch, mi mskina hnina, koulchi 3tito liha m3a lah. Ah choufou li khasso chi l3ba , chi portable iji l’3ndi; haut les main.
Wlah tan3icho, o n3aodo n3icho hta nmouto f l’9br.
Ana nourikoum lihoud kidairin, hadou houma li kant3da 3lihoum, knbraki lihoum f stop, kandir idi f zaj, o na9oullo dakchi kaml li 3ndk nslo lia.
Hta ifout l’3id o 3ad ndour 3aotani, chi naika, chi djin, chi j9a9r, o chi thmima o arak.
Daba khassni gha chi bnt, o ila khassa njibha.
Ana mi li 3ndi 3tito liha, o 9lt liha f sabah 3tini 20 DH daba o ila khssouk njib lik.
Hakou choufou 20 DH, ana 3titha o hia 3tatni, ana ghir mi li 3ndi »

Enfin arrivé, le « chemkar » allait descendre, je me suis dit, peut être il est malfaiteur, mais il a comme même un bon cœur, la partie humaine en lui.